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Les photographes

Bogdan Konopka

Chine, l’empire du gris

Bodgan Konopka (1953-2019) avait accompli cinq voyages en Chine entre 2003 et 2007, période pendant laquelle l’empire du Milieu a appuyé sur l’accélérateur de sa transformation. Comme l’écrit Pierre Haski dans la préface du livre Chine, l’empire du gris, «dans dix ans, dans vingt ans, parions que les Chinois des générations à venir lui sauront gré d’avoir su capturer, à sa manière, le moment où la Chine a basculé pour le meilleur ou pour le pire». Plus de dix ans ont passé et il y a fort à parier qu’il ne reste plus grand-chose de ce que le photographe a immortalisé. Fort d’une solide maîtrise technique, Bogdan Konopka affirmait dans ses images un univers plastique et formel à contre-courant des modes: ses photographies noir et blanc, réalisées à la chambre grand format et tirées par contact, sont relativement petites (elles sont l’empreinte exacte du négatif 18 x 24 ou 20 x 25 cm) et présentent une ample gamme de gris. Sans jugement de valeur, sans condamnation ou dénonciation, Bogdan Konopka prenait en compte le temps qui passe. Choisissant minutieusement ses lieux de prises de vue, il photographiait la face cachée d’un environnement urbain tout à la fois divers et unique. Ainsi dépouillées de toute figure humaine, ses miniatures photographiques témoignent du regard attentif qu’il portait sur le monde.

Né en 1953 à Wroclaw en Pologne, Bogdan Konopka vécut et travailla
à Paris à partir de 1989. Après une formation de photochimiste, il s’appliqua dans un premier temps à photographier l’allure apocalyptique de sa ville natale de Pologne, alors réduite à l’état de ruine dans sa quasi-totalité. Arrivé en France fin 1988, il y poursuivit son travail sur le devenir des villes et l’étendit également aux grandes cités européennes – Varsovie, Prague, Genève, Venise, Zürich, Budapest – et chinoises, dont il immortalisa plutôt le quotidien qui invariablement se dégrade plutôt que le spectaculaire. Si chaque ville garde sa singularité, l’œuvre de Bogdan Konopka ne manque pas d’abolir les frontières ni de révéler l’universalité de la mue permanente de la «peau des villes». Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions en France et à l’étranger; ses photographies font partie de collections privées et publiques. Il avait également publié plusieurs livres: Paris, la ville invisible, Marval, 1997; Rezonans, Filigranes, 2007; Chine, l’empire du gris, Marval, 2008; et le dernier: Un conte polonais, Delpire éditeur, 2018.

Le Festival du Regard a exposé Bogdan Konopka en 2016 avec la série La Petite Robe et tenait à lui rendre hommage en montrant ce travail silencieux et subtil sur la Chine (Bogdan nous a quitté l’année dernière à l’âge de soixante-six ans).

Bogdan Konopka est représenté par la galerie Françoise Paviot.


http://paviotfoto.com/artistes/bogdan-konopka/


Lieux d'exposition :



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