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Les photographes

Anne Rearick


Township

Pendant dix ans, la photographe américaine Anne Rearick a photographié les mêmes gens, dans le même township, près du Cap en Afrique du Sud. Elle prend son temps, une notion de base du documentaire. Ses photos en format carré et en noir et blanc dépeignent un quotidien qui n’a pas vraiment changé depuis la fin de l’apartheid : « Tous les jours, j’entendais qu’un homme avait été poignardé dans la rue. Par là-bas, une femme était violée, une autre tuée. » Pourtant, les photos de la banlieue sud-africaine décrivent une autre réalité. « Certes, la vie est précaire, il n’y a pas de travail et les gens subissent l’esclavage économique mais ils sont aussi remplis de joie. Ce ne sont pas que des victimes, les enfants jouent, il y a de l’amour et les églises sont pleines le dimanche. » Pas de violence ou d’images crues dans ses images du township. Mais des photographies « humaines », voire « poétiques ». Pour capter ces tranches de vie, l’Américaine s’est lancée en 2004 dans un vrai travail de fond. Instaurer une confiance et entretenir l’échange durant plusieurs semaines. Sans prendre son appareil moyen format argentique. Une fois ouvertes les portes de l’intimité de ses hôtes, Anne Rearick est entrée dans la vie des habitants de Khayelitsha. Au point d’y revenir chaque année. Elle a assisté aux rites sionistes chrétiens, a participé à des enterrements, s’est tenue aux côtés des familles. Intimement impliquée dans la vie du township dans lequel elle a tissé des liens, Anne Rearick est parfois rattrapée par la réalité sud-africaine, plus dure. Son regard parfois candide ne peut échapper à la misère d’une population qu’elle a cru tirée d’affaire après l’apartheid et son vent d’optimisme. Ce travail a fait l’objet d’une monographie Township publié aux éditions Clémentine de la Ferronnière en 2016.
Les tirages noir et blanc présentés ont été réalisés à l’agrandisseur par Anne Rearick elle-même.

Pays Basque
En 1990 Anne Rearick quitte la côte Est des Etats-Unis pour passer une année à photographier la vie quotidienne d’un petit village du Pays Basque français et depuis elle n’a de cesse d’y retourner. Cela fait 28 ans que ça dure… Ici, à Iparralde, le temps semble s’être arrêté. La photographe cherche à y capturer des moments d’authenticité, de pureté, loin du tumulte des grandes villes. Dans ses cadrages équilibrés et élégants, les maisons sont solidement ancrées dans le territoire, les intérieurs nimbés d’une lumière divine… « quand je suis arrivée pour la première fois à St. Jean-Pied-de-Port pour photographier la vie rurale, le Pays basque est devenu pour moi comme une seconde patrie dont les changements ont aussi participé à ma propre évolution et à celle de mon travail de documentaliste du lieu et de l’esprit de ce lieu. Depuis le premier jour de mon premier voyage, quand une femme âgée, Madame Hatoig m'a invitée dans sa maison alors qu’il pleuvait à verse, et qu’elle m'a donné des pantoufles, du thé chaud et des madeleines, montrant là une générosité et une ouverture peu communes, je me suis sentie chez moi au Pays basque. Les bergers, les propriétaires de café, étudiants, travailleurs des postes, agriculteurs, m’ont eux aussi laissée pénétrer et photographier leur intimité, dans leurs cuisines, leurs granges ou lors de leurs promenades nocturnes. J’ai alors tenté de retranscrire à ma façon, ce que cette région m’inspire ».
Ce travail photographique fait partie du projet La France Vue D’Ici. Les tirages noir et blanc présentés ont été réalisés à l’agrandisseur par Anne Rearick elle-même.



Anne Rearick est née en 1960 dans l’Idaho, aux Etats-Unis. S’inscrivant dans la grande tradition photographique documentaire, Anne Rearick travaille sur des sujets au long cours, approfondissant les relations avec les gens et les lieux qu’elle saisit au fil du temps. Elle dépeint l’expérience quotidienne de ses sujets, et célèbre son étendue, en se tenant à bien des égards, au même niveau qu’eux plutôt que face à eux. Titulaire d’une MFA (Master of Fine Arts), elle enseigne la photographie et le cinéma à Boston depuis 25 ans. Anne Rearick a reçu de nombreux bourses et prix, notamment la bourse Guggenheim pour son travail sur la boxe amateur ; le prix Roger Pic décerné par la SCAM pour les Townships d’Afrique du Sud ; le prix European Mosaique et la bourse Fulbright/Annette Kade. Deux monographies de son travail ont été publiées : Miresicoletea, sur le Pays Basque, en 2003 et Township, en 2016 (sélectionné au Prix Nadar). Ses photographies ont intégrées les grandes collections publiques internationales, telles que la Bibliothèque nationale de France, le Centre national de l’audiovisuel du Luxembourg et le Museum of Modern Art de San Francisco. Anne Rearick travaille en argentique et réalise ses propres tirages.
Anne Rearick est membre de l’agence VU’ et est représentée par la galerie Clémentine de la Féronnière à Paris


https://www.annerearick.com/index


Lieux d'exposition :



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