Programmation • Les photographes • Arthur Crestani

Les photographes

Arthur Crestani


« Bad City Dreams »


Inde 2017. A Gurgaon, dans la banlieue de Delhi, promoteurs et publicitaires rivalisent d’audace pour convaincre la classe moyenne d’investir dans des complexes résidentiels à peine sortis de terre. Les publicités qui se dressent au bord des routes offrent des visions idylliques du futur urbain dans cette ville appelée «Millenium City», paradigme de l’Inde contemporaine, bâtie en moins de trente ans et entièrement sous la coupe du secteur privé. Luxe, calme et volupté composent la saveur du moment, la promesse d’une vie de rêve dans un espace protégé et privilégié, fait de loisirs et de détente. Cette utopie publicitaire n’est pourtant que le vernis qui dissimule les lacunes béantes d’une urbanisation incontrôlée. Les résidences aux noms italiens ou français comme «  Monde de Provence  » et « Casa Bella», bâties sur des terres agricoles, forment des vases clos, séparés des terrains vagues et des routes poussiéreuses par des portiques de sécurité. Les compagnies de gardiennage bâtissent des empires dans ces nouveaux territoires urbains, où les résidents redoutent un au-dehors périlleux où se croisent travailleurs migrants et paysans attendant de vendre leur terre au plus offrant. Après avoir numérisé des brochures collectées dans les salons immobiliers, Arthur Crestani - inspiré par la tradition indienne du photographe de foire - a imprimé les visuels publicitaires sur des bâches, devant lesquelles il a invité à poser hommes et femmes rencontrés aux bords des routes et dans les terrains vagues, ceux qui vivent et travaillent dans ces marges urbaines. Entre attraction et répulsion, ces portraits témoignent du trouble éprouvé à l’interface de la fiction publicitaire et de la réalité d’espaces marqués par un profond dénuement.

Arthur Crestani, né en 1991, est devenu photographe après des études en politiques de la ville. Très influencé par les nombreux séjours qu’il a effectués à Delhi, où il a passé près de trois ans, notamment dans le cadre de ses études, son travail interroge la fabrique de la ville contemporaine. Il s’intéresse particulièrement au rôle joué par les images, qu’elles soient populaires, commerciales, publicitaires ou télévisuelles, dans la construction des imaginaires et du rapport des habitants à la ville. Vivant aujourd’hui à Paris, il retourne régulièrement en Inde où il conduit de nouveaux projets documentaires.
Son travail a fait l’objet d’expositions en France notamment dans le cadre du prix Archifoto 2017, du festival Circulation(s), du Prix Dauphine pour l’Art Contemporain 2018 et du festival Influences Indiennes 2018.


http://arthurcrestani.com/


Lieux d'exposition :



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