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Les photographes

FRANCK LANDRON

-> Ex Time

«Sur la pellicule, dès les premières prises de vues, écrit Michaël Houlette, c’est bien lui qui apparaît, dans un autoportrait en contre- plongée. Il a 13 ans. Le cadrage est fait sans viser, le résultat incertain. La photographie pour Franck Landron commence ainsi en 1971, par une interrogation, un narcissisme de bon augure chez un adolescent qui cherche à appréhender l’image qu’il se fait de lui-même».
Cette expérience de l’autoportrait, Franck va la répéter les années suivantes avec des variantes, des postures et des mises en scènes changeantes. Comme dans la vraie vie, il joue plusieurs rôles. Quand on lui demande aujourd’hui quelle est sa véritable profession, il répond de manière simple et synthétique qu’il fait des images. Dans les faits, il est cinéaste, réalisateur et producteur, mais aussi monteur, acteur, décorateur, etc. Il est aussi peintre, dessinateur et, chronologiquement, avant tout photographe.
Le père de Franck Landron est garagiste à Herblay (Val d’Oise). Sa mère s’occupe de la comptabilité de l’entreprise familiale. Franck vit dans les odeurs de mécanique; il est passionné, touche-à-tout, mais sur le plan scolaire un vrai cancre. Aussi l’envoie-t-on au pensionnat Saint-Martin-de-France de Pontoise, à quelques kilomètres de chez lui. La rencontre avec le monde huppé de cette école privée réputée est un vrai choc. Pourtant, heureux hasard, la confrontation avec un milieu si différent du sien va lui être très bénéfique. Il monte un laboratoire photographique, devient responsable du ciné-club de l’école. Il passe le concours d’entrée à l’École nationale supérieure Louis Lumière, où il acquiert une formation technique rigoureuse. Franck est un photographe qui prend des clichés sans idées préconçues, sans tutelle et surtout sans limite. Il s’intéresse à la sphère intime et à tous ceux qui gravitent dans l’entourage direct. L’idée d’en faire un réel métier, de se mettre au service d’une commande, est extravagante. L’expérimentation flirte chez lui avec la transgression. Il sait depuis le début qu’il est libre de photographier tout ce qu’il désire. Et lui plaisent les moments d’abandon et de laisser-aller où l’autre n’est plus qu’un visage qui fume, boit et rit aux éclats. Ces moments, où l’intimité se rend visible, résonnent avec une aptitude à considérer le présent, avec une «esthétique» sans règle et, surtout, sans systématisme. Il y a des flous, du grain, des traces et des rayures aussi. Ses photographies apparemment désinvoltes, résolument attachées aux détails anodins et incongrus, aux scènes légères mais singulières, pénètrent au cœur des choses et au plus profond des événements tels qu’ils ont existé: elles donnent la couleur et le caractère d’un vécu et, au-delà, la tonalité d’une vie entière.

Les films documentaires de Franck Landron: «D’Agata - Limite(s)» sur le photographe Antoine d’Agata et «un flirt photographique » sur l’éditeur et photographe Claude Nori, sont projetés au Festival du Regard.

Né en 1957 à Enghien-les-Bains, Franck Landron est photographe mais aussi réalisateur, scénariste, producteur de cinéma avec Les Films en hiver. Il vit et travaille à Paris. Depuis 1971, année où on lui offre son premier appareil photographique, Franck Landron saisit et collecte les images de sa réalité. Avant de se consacrer à la réalisation et production de films, Franck Landron a notamment été journaliste-photographe pour la revue Le Cinématographe, assistant opérateur sur plusieurs films dont Jean de Florette et Manon des Sources de Claude Berri. Il a réalisé des longs métrages: Un amour de trop en 1990; Le Secret de Polichinelle en 1997 Les Textiles en 2004, etc. ainsi que des documentaires, dont bon nombre sur des photographes, parmi lesquels Sabine Weiss, une vie de photographe en 2011, Philippe Bordas, un photographe a poings nus en 2012.
La Maison Robert Doisneau à Gentilly, lui a consacré une rétrospective en 2015. Michaël Houlette, son directeur, en a assuré le commissariat d’exposition. Son livre «Ex Time» est paru aux éditions Contrejour la même année.



Lieux d'exposition :



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